Le PICA, trouble du comportement alimentaire du chat qui mange des produits non comestibles, se manifeste principalement sur les races originaires d¹Orient (Siamois, Orientaux, Korat, Thaïs, etc.) et chats « dérivés » de ces races (Birmans, par exemple).

Qu’est-ce que le PICA ?

En fait, il s’agit plus d’un syndrome que d’une maladie. Et comme tout syndrome, ce dernier reste latent à vie dans le comportement du chat, avec des phases de pics et des phases de repos.

L’origine de l¹apparition de ce syndrome est liée à une angoisse ou un stress du (ou des) chat(s). Il n’est pas rare dans une communauté de voir plusieurs chats très proches présenter le même PICA, quelquefois par vicariance (forme de mimétisme).

Comment le PICA se manifeste t’il ?

Bien souvent, le chat a été séparé de sa mère avant 3 mois, et son apprentissage comportemental n’étant pas terminé, quand il se trouve face à une angoisse qu’il ne sait gérer, faute de repères, il se jette sur n’importe quoi et le mange.

Le plus difficile est de trouver la source de l’angoisse. En effet, il peut s’agir d’un meuble déplacé, d’un nouveau canapé, d’un changement dans la composition du foyer (humain ou animal, un chat peut aussi ressentir une grossesse), même un changement de couleur de la gamelle, ou de la marque de litière, etc. Tout cela peut déclencher un PICA.

Une fois la source identifiée, il est possible de supprimer le PICA. Le chat arrête alors de dévorer n’importe quel pull, tissu, plastique ou autre matière susceptible de provoquer une occlusion intestinale, pouvant aller jusqu¹au décès du chat si un vétérinaire n’intervient pas au plus vite.

J’ai eu à traiter le cas d’un chat mangeant de la limaille de fer dans l’atelier de son maître : je vous laisse imaginer les conséquences digestives.

Toutefois, à la prochaine angoisse, le chat peut recommencer.

Comment réagir ?

Quoi qu¹il en soit, une thérapie comportementale est fortement recommandée dès l’apparition des premiers symptômes.

Cette thérapie peut s’appuyer sur une combinaison de fleurs de Bach, pour accélérer le processus de récession, mais non de « guérison », qui ne sera jamais totale.

N’oublions jamais qu¹un chat souffrant de PICA en souffrira toute sa vie. Le tout est de faire en sorte de ne pas provoquer d’angoisses chez lui, afin d’éviter les phases de pics du syndrome, sachant que ces phases peuvent aussi ne jamais réapparaître si la thérapie comportementale est respectée à la lettre, et à vie, chez le chat concerné.

 

Marie-Hélène Bonnet

Marie-Hélène Bonnet est thérapeute comportementaliste du chat et auteure Experte pour Biogance. www.comportement-chat.com

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